Everest et Nuptse  

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Le PNR des Bauges >les alpages de Savoie >Les fours à pains des Bauges

 

Les alpages des Bauges
  1. Repères historiques

  2. Toponymie

  3. Une saison en montagne

  4. Les activités saisonnnières dans les Bauges

  5. l'Argriculture aujourd'hui

 

 

Repères historiques :

  • L’érosion du massif des Bauges a crée de nombreuses cavités que les hommes ont utilisées comme abris. Les traces les plus anciennes se situent sur la commune de Saint-Jean-D’Arvey entre le Nivolet et le mont Peney et remontent au néolithique (-5000 à -3000).
  • La Savoie naît vers l’an mille ou les Humberts Comtes de Maurienne deviennent Comtes de Savoie puis Ducs de Savoie dans le royaume de Piémont Sardaigne. La capitale est d’abord Chambéry puis Turin.
  • Une étape importante dans l’aménagement de la montagne est générée par l’implantation des grands ordres monastiques au 11 ième siècle: Bénédictins, Cisterciens, Chartreux.
  • La révolution française achèvera le déclin de ces ordres. Bâtiments et forêts sont pillés et les terres sont rachetées par les villageois.
  • En 1859, Cavour veut réaliser l’unité italienne qui est alors constituées d’une multitude de royaumes. Contrarié au nord par la présence autrichienne, il demande l’aide de Napoléon 3. En retour, il lui laisse le versant ouest des Alpes. En mai 1860, un référendum au suffrage universel établit le rattachement de la Savoie à la France.
  • Pendant la seconde guerre mondiale, le maquis s’organise dans les massifs des Savoies. La Haute Savoie sera le premier département à être libéré par les résistants.

Toponymie

 

  • ALPE : a le sens de pâturage en haute montagne dans la toponymie alpine.
  • REPOSOIR : Replat où l´on avait l´habitude de se reposer dans une montée longue et ardue. Latin pausare,, faire une pause, s´arrêter, pausa, arrêt, pause.
  • CHAR : variante de chal. Le mot pré-romain calmis, qui signifie prairie, alpe, pâturage, a donné naissance à un grand nombre de lieu, surtout dans le sud-est de la France. On trouve aussi dérivant de char, le préfixe AR dans de nombreux noms de lieux. Par exemple l'Arclusaz, formidable vallon perché du parc naturel régional entouré de falaises, signifie AR=alpes CLUSAZ=close. C'est l'alpe-close, l'alpage entouré de falaise.

 

 

Savoie traditionnelle : une saison en montagne

La vie s’organise autours du cycle de l’herbe

 

  • Au printemps ou plutôt à la fonte des neiges : on sort les animaux qui ont passé plusieurs mois à l’intérieur. Les jeunes enfants les surveillent dans les prés situés à proximité du village. Les parents fument les champs et remontent la terre.
  • A la fin juin : c’est l’emontagnage. On fait les préparatifs pour la saison d’estive qui va durer 100 jours. Les enfants mènent le troupeau et le père le mulet qui transporte le linge, les outils nécessaires à la transformation du lait. Femmes et enfants vont rester dans la maison d’alpage tandis que le père redescend pour effectuer le gros du travail de l’été c’est à dire les fenaisons.

 

  • A la fin septembre, le froid arrive. L’environnement hostile invite au retour au village. Les bêtes vont rester dans les prés autour du village jusqu’aux premières neiges. C’est le moment de récolter les céréales, de carder le chanvre et la laine et de récolter les pommes de terre. Les foires d’automne, lieu de rencontre, vont permettre de connaître le résultat de la saison en vendant bêtes et fromages.
  • L’hiver : comme toute l’année, on se lève vers 5 h 30 pour effectuer la première traite. C’est aussi la période ou on complète l’activité agricole par un travail artisanal. Dans les Bauges on travail le bois, les clous que l’on colporte dans des régions parfois très éloignées. On va passer progressivement d’une émigration temporaire à une émigration permanente

 

Dans les Bauges

L’ensemble des alpages du massif a été gagné sur la forêt à partir de l’implantation des moines au 11 ième siècle
Les éleveurs des Bauges, contrairement à ceux d’autres massifs, se sont contentés de déplacements limités entre les hameaux et les granges.
Le système agropastoral s’apparentait au système des montagnettes ou petites montagnes.
Les locataires acquirent les alpages à partir du début du 20 ième siècle et surtout après la première guerre mondiale, la dévaluation monétaire entraînant un appauvrissement des propriétaires fonciers.

  • Les fruitières :

Les habitants des Bauges, petits propriétaires ont longtemps eut la réputation d’individualistes. La création de coopératives agricoles  de production à fruit commun à la fin du 19 ième  souligne le contraire. Les porteurs de lait ( les coopérateurs) vendent leur lait et louent leurs bâtiments à un fromager artisan ou employé. Le lait apporté par les agriculteurs est pesé matin et soir et la paye du lait s’effectue chaque mois en fonction du poids du lait et du cours du fromage sur le marché de Rungis
Les bâtiments se composent d’une salle de fabrication et de caves ou sont entreposées les fromages.

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Les activités saisonnières : un long passé de double actif

 

  • Clouterie :

Les entreprises métallurgiques fournissaient la matière première à des dizaines de clouteries. L’atelier était collectif avec une dizaine d’employés, chacun apportant son matériel situé à proximité d’un cours d’eau avec  une ou plusieurs roues à aubes. On produisait des clous de charpente ou de souliers que les colporteurs allaient ensuite répandre dans toutes les alpes du nord.

  • Les glacières des Bauges:

La production de glace était une spécialité de certaines communes du plateau de la Leysse comme les Déserts ou Thoiry. On utilisait soit les glacières naturelles du plateau du Margériaz soit on créait des glacières artificielles.

  • l'Argenterie des Bauges :

On appelait argenterie des Bauges une vaisselle en bois tourné d’un bois blanc lumineux. On ne sait trop si cette appellation fut utilisée de manière ironique face à la pauvreté des habitants ou si elle se réfère à la qualité de l’artisanat.

  • Colportage:

En 1839, 200 colporteurs de Saint François sillonnent en hiver l’avant pays et le Dauphinois, le Jura jusqu’à Bâle et Belfort, mais aussi vallée du Rhône jusqu’à valence et Avignon.

  • Autres activités :

A Arith , on est spécialisé dans le colportage de sable à récurer et dans le métier de hongreur qui consiste à castrer les chevaux.
A la Thuile, on est spécialisé dans l’élevage de jeunes « melons », c’est à dire des jeunes bœufs achetés dans les foires de Tarentaise ou de Maurienne et revendus un ou deux ans plus tard, aux foires d’automne de Saint Pierre d’Albigny ou de Montmélian.
La vente de cyclamen et de bois complètent aussi l’activité agricole.

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L’agriculture aujourd’hui

Entre 1955 et 1979, une exploitation sur 2 a disparu ; depuis, l’hémorragie s’est ralentie. En 2000, les Savoies comptent 9 400 exploitations qui occupent 252 500 hectares. Ce sont surtout les petites exploitations ( moins de 20 hectares) qui ont disparu. Par contre, le nombre de grandes exploitations de plus de 50 hectares a doublé.

  • Evolution du nombre d’exploitations et de leur surface moyenne

 

1988

2000

Nombre d’exploitations

15250

9400

Surface moyenne (ha)

16,5

27

Source : Recensement Général Agricole (RGA) 1988, 2000

Malgré la forte diminution du nombre d’exploitations, l’agriculture savoyarde entretient pratiquement la même surface en 2000 qu’en 1988. Des exploitants plus jeunes, avec un meilleur niveau de formation, sont à la tête de structures plus importantes et plus spécialisées que celles de leurs aînés. Les groupements d'exploitants sous forme sociétaire se développent.


Témoignage :

Denis Janin loue 180 ha (entre 700 et 1500 m d’altitude) dont 100 d’alpages, pour 60 vaches et une production de 310 000 l de lait, les ¾ vont à la coopérative et le reste est transformé sur l’exploitation en tomme et gruyère avec vente directe. Il travail avec son fils et un associé.
« Depuis la création du parc, un technicien a été embauché pour assurer la liaison avec la profession. Il les aide à monter leurs dossiers de mises aux normes, à chercher des financements. Peu à peu de nouveaux rapports de force apparaissent, en particulier avec la direction des services vétérinaires. En effet, celle-ci est plus souple si elle constate que le parc soutient nos projets. Autre point positif : cette embauche a stimulé la Chambre d’agriculture pour recruter un technicien de secteur. Mais il ne faut pas rêver, le parc ne fera pas de miracle.
En terme de biodiversité, il n’y a pas de grands changements puisque les alpages étaient déjà protégés par une réserve de chasse. Peut être contribuera t il à remettre en valeur certains alpages devenus inaccessibles, comme la commune l’a fait, il y a dix ans, avec deux d’entre eux. Quand aux touristes qui viennent de plus en plus nombreux l’impact reste faible sur nos ventes de fromages car nous nous adressons plutôt à une clientèle locale.
Bref l’alpage est pour moi une passion qui m’a été transmise depuis des générations, modifiée en rien par la création du parc »

Aujourd’hui, dans les Bauges les agriculteurs sont environs 800 sur le massif contre 1500 en 1998. Les ¾ des alpages sont destinés à l’élevage de génisses et ¼ à la production de lait. Après un exode rural massif, le nombre d’agriculteurs tend à se stabiliser. Le parc régional et l’AOC tome y concourent. En effets, on voit de plus en plus d’exploitants convertir une partie de leur fermes en refuge ou gîtes pour répondre à la demande des « touristes  verts »

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